• sroja102

Travail Final de mon "loci"

  1. a. Mon « loci » est : Ma plante "moche" de Canadien Tire.

Je me suis toujours intéressé à la végétation. Dernièrement, à cause de la pandémie j'ai développé le passe-temps du jardinage. Un jour au magasin Canadian Tire, plus précisément dans le centre de jardinage, j'ai vu de super belles plantes d'intérieur. Par contre, J'ai remarqué que les gens ne prenaient que les plus belles (plus grandes, plaines de vie, pas de feuilles sèches, etc). Alors, je me suis dit: pourquoi ne pas prendre une que je pourrais "sauver"? Une plante "moche" pour lui redonner sa "beauté" naturelle. J'ai toujours pensé que nous, les êtres humains, dépendons directement de la nature. Donc, pourquoi ne pas sauver une plante ou les plantes? Ce que m'intéresse savoir est : pourquoi les magasins vendent des plantes? Est-ce qu'ils veulent développer un esprit écologique chez les gens de notre communauté? Et si c'est comme ça, pour quoi laisser les plantes sécher, s'amocher, mourir? Ou le fait de vendre des plantes n'est qu'une rentrée d'argent de plus juste pour satisfaire la demande des consommateurs? ...

P.d. chaque plante dans la photo a été "sauvée" (elles étaient très amochées) d'un centre de jardinage de Canadian Tire.




b. Ces mots ne sont que le début d’un chemin de découverte vers mes souvenirs intrinsèques de ma relation avec les plantes. Ce chemin a commencé sous la surface de la Terre de ma terre d’accueil le Canada. Mais, avec mes racines désireuses de savoir, de découverte et de compréhension. Les lignes écrites en haut vont m’aider à découvrir l’intérieur de mon être. Cet être qui vit dans un entre-deux depuis bien longtemps et que ne se rendait pas compte ou plutôt qui n’acceptait pas que cet entre-deux pût être enrichissant. Dans le Calendrier des sciences humaines et sociales sont écrites que « « entre-deux » peut être appréhendé comme une zone intermédiaire entre deux espaces ou deux états ». (2019). C’est effectivement ce qui m’arrivait. Vivre dans deux pensées différentes. Entre l’occident et le sud. Entre le Pérou et le Canada. Entre des apprentissages empiriques et scientifiques. Pendent, la pandémie j’ai entreprise des actes qui m’ont mené à trouver mon refuge. Par exemple, me rendre aux magasins de jardinage à la recherche de plantes en solde pour, d’après moi, me donner de quoi à occuper mon temps. Peu à peu je me suis rendu compte qu’en fait faire du jardinage et plus encore développer un rapport direct avec les plantes est devenue mon refuge. Un refuge déjà connu, mais « endormi », et qui attendait après moi. Nous avons vu dans le cours qu’un refuge ne signifie pas seulement un endroit où l’on se protège d’un danger quelconque. Celui-ci peut être aussi une communauté où l’on tisse des liens sociaux avec des gens qui ont les mêmes vécus que nous et cela nous donne un sens de sécurité. Peut-être aussi une activité, un animal, un livre, un membre de la famille, etc. Dans mon cas, j’avais trouvé un refuge émotionnel avec les plantes avec qui j’ai tissé un lien de compagnonnage dans un temps de confinement. Un refuge duquel je connaissais son existence de façon inconsciente.


2. a. Mon « loci » en dessin


b.

Ceci est le premier dessin que j’ai fait dans le but de représenter mon « loci » qui n’était pas encore défini. Sans me rendre compte j’ai fait une sorte que les plantes enveloppent la Terre comme si elles la protégeaient du danger. Aujourd’hui, en analysant de plus près mon dessin, je m’aperçois qu’en fait j’avais déjà une idée du lien que j’avais avec les plantes. Un lien qui n’avait pas encore de forme ni de nom, mais qui existait dans mon être tel qu’une trace additive imprégnée à jamais. Dans le texte d’Yves Citton, il définit une trace additive comme étant « des marques durables laissées dans ou sur une surface solide par un mouvement continu » (2012). Dans mon cas personnel serait d’avoir était en communion avec les plantes médicinales, aromatiques, fruitières, etc. depuis ma plus tendre enfance jusqu’au moment de partir de ma terre de naissance.


3. a. Voici une photo prise pour une idée de mon "loci".


J'ai choisi de prendre une photo du canal Rideau parce qu’elle montre comment la nature a été modifiée pour faire partie du décor de la ville. On peut voir aussi que la nature et la modernité peuvent être ensemble sans que l’une ne nuise pas l'autre. Il peut y arriver que des changements doivent être faits, mais est-ce qu'on a besoin que ces processus finissent par lui nuire?


b.

En ce moment précis, je croyais vraiment que j’allais écrire mon travail final à propos des petites plantes ou des gros arbres dans une des parcs ou des forêts proches de la ville d’Ottawa. Je me rends compte que j’avais tort …


4. a. Vidéo : Du petit local au géant détaillant.

Cette vidéo montre deux commerces qui se ressemblent pour leur type de marchandise. Tous les deux commercent avec des plantes. Néanmoins, elles sont tous les deux très différentes en matière de qualité, de soins envers les plantes et des leurs objectifs de vente. La première partie du vidéo est d'une commerçante de plantes locale. Elle se situe au Marché By au Centre-ville de la ville d’Ottawa. En parlant avec elle, j'ai compris que le fait de vendre les plantes est son moyen de substance. De plus, elle achète ses produits à des producteurs locaux. J'ai pu voir aussi qu'elle n'avait pas de produits en solde. D'après elle cela est dû au fait que c'est son travail d'avoir ses plantes et ses fleurs en bon état pour puisse toujours avoir la meilleure qualité et garder sa clientèle satisfaite. Donc, une plante "moche" pour elle signifie la perte d'argent et de sa fidèle clientèle.

Vers la moitié de ma vidéo, je montre des étagères remplies de plantes au Canadien Tire proche de chez nous. On peut clairement apprécier des plantes super en solde. Quelques-unes sont au but de leur vie. Je ne suis pas restée longtemps, car il n'y avait personne avec qui parler. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de lien à tisser entre le grand détaillant et moi. Pas d'histoires à se raconter, pas de "passion" pour les plantes à partager, pas de personne disponible à charge de plantes avec qui faire un petit échange d'histoire ou d'information. J'ai compris que ne sont que des étagères avec des plantes dans un magasin à grande surface.


b.

Dans cette partie du travail, j’ai vraiment trouvé du plaisir. Nous étions en pandémie et ça m’a fait vraiment du bien le fait de sortir de la maison et d’avoir eu une si intéressante conversation avec la commerçante de plantes du marché By. J’ai appris grâce à elle qu’il y a toute une industrie derrière les plantes et que celle-ci est gérée par le gouvernement provincial de l’Ontario. En faisant une petite recherche, j’ai appris qu’en Ontario c’est le ministère d’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales. Ce ministère est chargé d’avoir le contrôle de l’industrie de la floriculture de l’Ontario. Le site internet avance que «[ l]'industrie est diversifiée et se compose de trois grands secteurs de production, à savoir les plantes à fleurs en pots, les fleurs coupées et les plantes potagères à repiquer/jardins printaniers en conteneurs ». (Tiré du site web de ministère est chargé d’avoir le contrôle de l’industrie de la floriculture de l’Ontario, 2020). Ces secteurs de production contribuent à l’économie locale de l’Ontario surtout pendant la saison printemps-été. Ici nous avons un aperçu plus capitaliste des plantes puisqu’elles deviennent le moyen de subsistance des gens qui travaillent dans cette industrie. Ce ministère avance que « [d]'après Statistique Canada (Publication CANSIM, Tableau 001-0050), la valeur des ventes à la ferme de l'industrie ontarienne de la floriculture s'établissait en 2012 à 710 millions de dollars ». L’industrie de floriculture, que comprend les plantes ne pots, fait croître le capital économique de la ville. Derrière les plantes commercialisées que nous trouvons presque partout dans la ville, il existe un ministère qui va se charger de Profil du secteur, les tendances économiques de l’industrie, des enjeux tels que la commercialisation, le cours du dollar, la main d’œuvre, les marges bénéficiaires, etc. C’est un secteur qui ne s’intéresse pas vraiment au lien homme-plantes comme deux éléments appartenant au monde du vivant. Au contraire, il est question d’économie. Dans cette industrie le vivant, la plante, a une dimension technique parc qu’on trouve toute une panoplie d’action derrière elles pour les produire. Dans ce contexte économique, la dimension sociale des plantes n’est pas prise en compte. La mise en relation vitale avec un organisme n’existe pas puisqu’il est question que d’argent.

Après ma visite au marché by je suis allée au magasin Canadien Tire. Puis, il n’y avait personne avec qui entamer une conversation au sujet de plantes. C’était juste un commerce comme n’importe quel autre de son genre qui vendait de plantes et quelques types de fleurs. Pas de rapport humain et même pas le rapport client-consommateur. D’après, Marx :

« [Le] travailleur (…) pour pouvoir disposer de sa propre personne, il lui fallait d’abord cesser d’être attaché à la glèbe ou d’être inféodé à une autre personne ; il ne pouvait non plus devenir libre vendeur de travail, apportant sa marchandise partout où elle trouve un marché, sans avoir échappé au régime des corporations, avec leurs maîtrises, leurs jurandes, leurs lois d’apprentissage, etc » (Le capital, Huitième section, 1872)

Alors, ici le producteur n’est pas présent parce qu’il fait partie d’une corporation. Je n’ai pas réussi à savoir d’où elles provenaient, quel type de plantes étaient les plus achetées puisque je ne parlais pas directement avec le producteur. Dans ce cas-ci le magasin Canadian Tire est le capitaliste entrepreneur qui a éloigné le producteur de son acheter.


5. a. Audio

Voici une audio des plantes sous une journée pluvieuse. Je suis allée proche du fleuve où il y a de gros arbres. Je m'attendais à ce que les arbres bougent plus fortement à cause du vent qui vient directement du fleuve, mais non! Ce qu'on entend le plus ce sont les feuilles "mortes" qui sont tombées des arbres comme une annonce du changement de la saison. Il y aussi un son qu'on peut l'entendre comme au loin et c’est celui des voitures pour me rappeler que dans les villes la nature cohabite (ou se laisse envahir) avec le monde "civilisé". J'ai aussi eu le temps de faire une réflexion à propos des feuilles "mortes". Je me suis dit qu'elles ne sont pas vraiment mortes parce qu'au moment de tomber sur la terre elles auront comme travail de la nourrir pour que les arbres continuent leurs existences. Une espèce de retour chez soi.

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b.

Définitivement, une des parties les plus plaisantes d’avoir travaillé sur ce projet. Le fait de sortir de la maison et aller se promener entre les arbres était déjà quelque chose de productif. Mais, plus productif encore c’était de sentir cette connexion aux plantes … il s’est passé quelque chose que je ne serai pas comment la décrire. Le fait d’avoir été marcher au bord du fleuve m’a fait « voyager » dans le temps et de petits souvenirs de mon enfance ont commencé à faire surface. Comme par exemple : Enfant je traversais le fleuve chaque été pour aller de l’autre côté et manger une sorte de fleur très sucrée. Mon « loci » commençait à se montrer ...


6. a. TEXTE PROSAIQUE : - Rédemption capital

- Qui a le monopole?

- Capitalisme

- Développement: exploitation minière/agriculture/immobilier

- Productivité

-Cap animal?

- Esprit écologique/communauté?

- Économie

- Producteur/Moyen de Subsistance

- Carte/Territoire

- Vivant


b.

Ce sont des mots que j’ai prix de notre cours et que je savais qui allait me servir pour expliquer mon « loci » qui ne prenait pas encore sa vraie forme. Rendue à ce stade-là je me demandais : de quelle façon je voyais les plantes dans ma vie? … c’était encore incertain. Je savais déjà qu’elles m’aidaient pendant le confinement et que ça me faisait, mais il fallait que je donne un non à cette sensation.


7. a. Poème aux plantes

Au Canadien Tire je suis allée

En essayant de vous trouver

Et quand je suis arrivée

Vous étiez en train de vous amocher


J'ai commencé par acheter un pair

Sans savoir à quel point

J'allais vous aimer

Ni la vie que j'allais vous donner


La Covid a fait de vous mes amies

J’ai enfin compris

Que je pouvais arrêter de m'anéantir

Oh! grand merci mes belles chéries


Vous avoir trouvé mes bien-aimées

M'aide à surmonter

Cette anxiété

Qui voulait me consommer

Oh! grand merci mes belles chéries ...

b.

Mon « loci » commence à se révéler en moi. Il commence à prendre forme. Il commence à qu’il a toujours était dans le plus profond de mon être et que cet exercice n’était que le reflet de ce besoin de retourner aux moments où je me sentais le plus en sécurité. Pendant la Covid mes plantes d’intérieur m’ont aidé à gérer une anxiété presque inévitable. J’ai fait d’elle mon refuge.


8. a. Lignes ... traces... du vivant

Nous savons tous que les plantes appartiennent au groupe des vivants. Dans le dessin que j'ai fait, j'ai essayé de tracer moyennement la dynamique du transport de plantes d'un point de départ à plusieurs points d'arrivée. Cela vaut dire que nous embarquons dans la marchandisation des plantes et cette dernière est fortement contrôlée par le capitalisme dans un monde globalisé. D'après les informations que j'ai pu me procurer à propos de mon loci j'ai pu remarquer que les plantes voyagent d'un pays à un autre et même d'un continent à un autre. Tout cela grâce aux avancements technologiques qui permettent le bon fonctionnement des entreprises de transport soient des entreprises aériennes, maritimes ou terrestres. Les satellites ont grandement contribué à la création de cartes dans tous les territoires du monde. Certaines plantes voyagent même des mois pour enfin arriver au Canada. Leur lieu de départ peut être l'Afrique, l'Amérique Latine, l'Asie etc. En même temps grâce aux transports du vivant, les plantes dans ce cas-ci, existe un marché économique qui permet la production d'emploi et devient aussi les moyens de subsistance des personnes impliquées. Dans mon dessin j'ai aussi ajouté le mot globalisation est mondialisation puisque dans mon « loci » J'ai remarqué que les plantes jouent un rôle social ainsi qu'économique dans la vie des gens et dans le capitalisme.

b.

Dans cette partie de mon « loci » je commence à m’intéresser à la marchandisation des plantes. À me questionner de la manière dont celles-ci arrivent jusqu’à chez nous? De quelle manière elles sont traitées? D’où elles viennent? Le jour où fallait présenter le billet dans le Bog D. j’étais faire un tour au marché chinois et j’ai trouvé que dans un des magasins ils vendaient une plante qui pousse au Pérou. En faisant quelques petites recherches, j’ai appris que le Pérou n’exportait pas cette plante malgré sa grande popularité dans la gastronomie et la médecine naturelle. Malheureusement, je n’ai pas pu trouver de sources fiables juste quelques témoignages au sujet du manque d’exportation de cette plante, mais, rien de vérifiable. Par contre, je me questionne encore comment elle se commercialise au marché chinois d’Ottawa.

9. Ligne de temps: plantes

Quand on rentre dans un magasin à grande surface pour acheter une plante d'intérieur on ne s'attarde pas à se demander d'où elles viennent (dans la plupart des cas). Par contre, après des petites questions posées pour la réalisation de mon loci j'ai appris qu'en fait c'est une industrie en pleine croissance.

On Ontario elle est appelée: L'industrie ontarienne de la floriculture. Cette industrie englobe les plantes à fleurs en pots, les plantes annuelles printanières et à massif, les vivaces cultivées en pots, les plantes en pots et les fleurs coupées produites dans des serres chauffées et des serres tunnel autoportantes.

Donc, pour qu'on puisse avoir nos plantes, quel qu’elle soit leur type, il a fallu qu'elles traversent par les mains de cultivateurs locaux (dans le cas de plantes de l'Ontario).


10. a. Ma présence dans mon "loci"

Pour parler de ma présence dans mon « loci » et de ma relation avec les plantes, je vais devoir d'abord dire que je viens de la ville de Juanjui située dans la province de San Martin dans l'Amazonie Péruvienne. Le fleuve Huallaga est près de la ville et en été on pouvait le traverser pour aller de l'autre bord où il y avait des fleurs qu'on pouvait les manger tellement qu'elles étaient sucrées. Depuis ma tendre enfance, je me souviens que j'avais peur de tomber malade (comme la grippe par exemple) parce que tout de suite j'étais obligée d'avaler une substance amère pour pouvoir guérir et je ne l'aimais pas du tout. En fait, ce que j'avalais c'était une plante appelée « achicoria » qui guérit la fièvre, les maux de tête, la grippe, les maux de ventre, entre autres. Ma grand-mère savait toujours quel genre de plante fallait me donner et le médecin était le dernier recours.

Quand je voulais manger des fruits comme par exemple des oranges, des guayavas, des noix de coco, des bananes, du cacao, entre autres, j'allais les chercher dans la cour arrière des chez nous. Ma grand-mère disait que nous étions bénis donc il fallait aussi prendre soin de plantes fruitières alors il fallait les nettoyer en enlevant les branches mortes, etc. De plus, notre petite ville était, puis elle l'est encore, entourée d'arbres. Parfois, avec ma grand-mère on partait à une heure de marche pour aller chercher des fines herbes pour sa cuisine et quelques plantes qui guérissaient certaines maladies.

En ce qui concerne les plantes d'intérieur en pots on en avait quelques-unes qui avaient comme fonction purifié l'air de la maison et d'autres étaient chargées d'éloigner les mauvais esprits ainsi que le mauvais œil. Je me souviens que la plante chargée d'éloigner le mauvais œil était la « ruda ». Cette plante je l'ai trouvé une fois il y a quelques années dans un magasin Rona à Montréal. Je l’avais planté dans ma cour arrière pendant l'été et je me suis dit qu'avec l'arrivée de l'hiver elle allait mourir. Oh quelle surprise! à l'été prochain elle était là dans mon jardin avec des "bébés" en plus! parce qu'elle était femelle (cette plante peut être mâle ou femelle). Les plantes femelles se reproduisent et fleurissent au contraire du mâle.

Il faudrait peut-être que j'ajoute que le frère à ma grand-mère est un homme médecin. Et une de ses sœurs est la sage-femme (elle fait accoucher les femmes) d'un village où elle est devenue la marraine de presque tous les villageois haha. Je me souviens que mon oncle (l'homme médecin) donnait de l'ayahuasca à ses patients (je parle de l'ayahuasca parce qu'en étudiant l'anthropologie j'ai appris que cette plante attire l'attention des gens de cette partie du monde). Chez mon oncle, je me souviens d'avoir vu plusieurs types de plantes sèches accrochées au mur dans sa salle de guérison. De nos jours, mon oncle a pris sa retraite, mais nous avons une femme médecin dans notre famille.

Pour conclure, j'ai fait cette petite mise en contexte pour expliquer que ma relation avec les plantes et possiblement moins occidentale que celle de la plupart de gens d'ici. Ma relation avec elles n'est pas capitaliste, car je ne vois pas les plantes en rapport à l'économie. Pour moi, les plantes donnent la santé soit physique ou mentale, donnent un toit quand on coupe des arbres pour bâtir une maison, elles donnent de l'air pur, elles nous donnent du manger ...

Une fois arrivée au Canada, peu à peu je me suis aperçue que les plantes étaient vues comme des objets décoratifs et qu'elles sont liées fortement à l'économie. Je me suis rendu compte aussi que c'est une ontologie complètement différente à l'ontologie indigène que j'ai encore présente en moi.

Aujourd'hui, j'ai des plantes décoratives en pots dans mon chez-moi. Je n'ai pas de rapport économique avec elles sinon un rapport émotionnel aussi puisqu’elles me rappellent mes racines. Quand la pandémie a commencé, je me suis tournée vers les plantes pour essayer de contrôler mon anxiété que je sentais augmenter dues au confinement. Je pense qu'inconsciemment je cherchais la santé et le bonheur qu'elles m'avaient donnés dans le passé. Je me demande parfois (à cause de mon « loci ») si mon rapport est aussi économique. Économique dans un seul sens parce oui, je les achète, et ce parce que je n'ai pas le choix. Ici je ne peux pas aller les chercher dans la forêt. J'ai de plantes chez nous, mais elles ne sont pas mon moyen de substance économique sinon émotionnel. Elles ne représentent pas une rentrée d'argent pour moi.

b.

J’appellerais cette partie du travail comme la partie de la DÉCOUVERTE et du RETOUR. Je découvre mon « loci » enfin. Et encore plus loin que ça j’ai fait un retour à mon enfance. Je me redécouvre moi-même. Je comprends que j’ai toujours vécu dans un entre-deux. En publiant les billets chaque semaine j’ai donné de la valeur à mon entre-deux. Enfant, je me trouvé différente aux autres enfants parce que ce n’était pas normal avoir un oncle qui était un guérisseur. Donc, je ne parlais à personne sous la crainte de me faire taquiner. Être élevée par une grand-mère qui croyais plus aux effets guérisseur des plantes qu’à ceux de la médecine moderne n’était pas facile non plus. Personnellement, je crois que la société où nous habitons est toujours influencée par la globalisation. Cette globalisation a fait une sorte que les traditions soient vues comme « démodées » moins importantes. Présentement, je réalise que mon lien avec les plantes a toujours était en moi. Grâce au « loci » j’ai retrouvé mon refuge. Parce que même au Canada j’ai chez moi des feuilles ou plantes séchées qui soignent certains maux. Je les apporte de Pérou à chaque fois que je vais en vacances. C’est un lien que j’ai avec elles. Je parlerai ici d’Emanuele Coccia que dans son livre Vie de plantes nous avance que « leur morphologie ainsi que leur physiologie sont extrêmement variables : leurs fonctions ont changé dans le temps » (p., 100, 2016). Cette partie nous parle de changements de fonctions des plantes dans le temps et j’ai remarqué qu'à ces changements on peut ajouter la fonction de refuge émotionnel. Comment ne pas les attribuer cette fonction si d’après Coccia « [e]lles sembleraient vivre comme coupées de la multiplicité des vivants, et pourtant c’est grâce à elles que les plantes arrivent à être conscientes de ce qui se passe autour d’elles ». (Vie des plantes, p. 100, 2016). Comment ne pas les prendre comme un refuge émotionnel personnel si elles sont conscientes de ce qui se passe dans l’environnement qui les entoure. Selon l’auteur, « [c]’est à travers le système racinaire (…) qu’une plante acquiert la majorité des informations sur son état et celui du milieu dans lequel elle est immergée ». (Vie des plantes, p. 102, 2016). Alors, le système racinaire sera une espèce de cerveau qui l’aide acquérir ses connaissances. Leurs racines pourraient être comparées au cerveau des humains.

Finalement, ce travail final fait par l’entremise des billets, qu’il fallait publier chaque semaine, m’a amené à découvrir que les plantes son mon refuge émotionnel. Et pour restait fidèle à mon entre-deux j’ai essayé de les observer d’un angle capitaliste et d’un autre lié à la psyché. Cela a été tout un processus d’individuation.


Bibliographie:

Coccia, Emanuele. (2016). La Vie des plantes, Une métaphysique du mélange (Payot&Rivages).

Https://calenda.org/535348#:~:text=L’%20%C2%AB%20entre%2Ddeux%20%C2%BB%20peut%20%C3%AAtre%20appr%C3%A9hend%C3%A9%20comme%20une,deux%20espaces%20ou%20deux%20%C3%A9tats. (s. d.).

Https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Capital/Livre_I/Section_8. (s. d.).

Http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/facts/greenflor.htm#1. (s. d.).

Http://www.yvescitton.net/wp-content/uploads/2013/10/Citton-Walentowitz-Ingold-EcologieLignes-RdL-4-2012.pdf. (s. d.).

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J'ajoute ici le lien du produit indéfini et continu de mon loci: Tik Tok et aussi le bricollage de mes billets en forme superposés sur un blog de tumblr. https://ethnolocitiktok.tumblr.com/ Tous les p