ANT 2528

 
DESCRIPTION OFFICIELLE DU COURS

Ce cours porte sur les méthodes ethnographiques renouvelées ayant permis aux anthropologues d'étudier la complexité du monde contemporain, entre autres en ce qui concerne les nouvelles technologies, l'environnement, la biomédecine, les questions de guerre et de sécurité, les espaces urbains et les nouvelles socialités.

 

OBJECTIFS GÉNÉRAUX DU COURS

 

Ce cours forme les étudiant.e.s aux approches anthropologiques contemporaines, approches développées au contact de problématiques qui, si elles sont pas complétement nouvelles, manifestent à tous le moins des vitesses et des puissances atteignant aujourd’hui des proportions inédites.

 

Flux de capitaux, d’individus, de marchandises, d’idées, d’armes et de virus se mesurent désormais en milliards ; en milliards de dollars, d’humains et de produits transformés, de tweets, de Kalachnikov ou de pathogènes. Ces multitudes, dans leurs singularités comme dans leurs agencements, redéfinissent aujourd’hui, et en profondeur, l’ensemble des champs d’intérêt et d’investigation traditionnellement rattachés à la discipline anthropologique. Comme, par exemple, ceux de la famille, du groupe et de la parenté, ceux de l’économie de subsistance ou de marché, ceux de l’organisation politique, communautaire ou sociétale, ou encore ceux du genre et de la sexualité, de la religion et des spiritualités.

 

Ainsi donc, et alors même que nous entrons (à en croire les géologues les plus sérieux) dans une nouvelle ère planétaire baptisée l’Anthropocène – concept formé de ce même anthropos qui occupe la discipline anthropologique depuis maintenant plus de 200 ans – la question de l’autre, humain et non humain, se (re)pose aujourd’hui avec plus d’acuité que jamais et ce, dans une urgence manifeste, faite de violences et d’idéaux, de contingences et de nécessités.

 

L’objectif général du cours est donc non seulement de former les étudiant.e.s aux principaux courants de pensée que comptent et qui structurent l’anthropologie sociale et culturelle contemporaine, mais aussi de les initier au maniement d’outils méthodologiques et conceptuels capables de fournir, à celles et ceux qui souhaitent s’engager de plain pied dans ce nouveau siècle, une meilleure com/ap-préhension de ses enjeux, c’est-à-dire, de ses promesses comme de ses leurres.

 

Dans cette perspective, le cours propose une anthropologie en prise directe avec le monde contemporain, capable de jouer un rôle d'observateur et d'expert, mais aussi de participant, et ainsi d'influer sur son devenir.

 

Un noyau dur de thématiques politiques, sociales et écologiques se signale ainsi, incluant la place des communautés culturelles dans la globalisation économique, la construction des identités ethniques et nationales, le devenir de la notion de genre, la protection des écosystèmes humains comme réalité et comme idéologie, le devenir des villes, la santé et l'alimentation humaines, de même que la place des minorités et des autochtonies dans un monde en pleine transformation.

 

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

 

Fondatrice pour les sciences sociales, l’anthropologie est une discipline reconnue et pratiquée à travers le monde, dont les origines remontent au XIXe siècle et aux mouvements politiques, économiques et culturels qui lui sont associés. Le cours constitue ainsi une introduction vivante à l’univers captivant de la diversité humaine et de ses évolutions.

 

Initiation à la discipline, ce cours se veut en même temps une invitation à l’approche et aux pratiques anthropologiques, plus particulièrement aux caractères distinctifs de sa méthode (observations participantes, estrangement, voyages immersifs, etc.). En effet, c’est souvent par sa démarche ethnographique que l’on distingue l’anthropologie d’autres sciences sociales et humaines, une démarche qui suppose une étude de terrain aussi sérieuse que soutenue et détaillée parmi les populations à l’étude. Mais une démarche qui, en même temps, questionne aussi, en profondeur, le statut et le pouvoir de ceux qui se mettent en situation d’observation et contribuent ainsi à (re)produire une connaissance engagée du monde qui nous entoure. Articulés autour de thématiques spécifiques, toutes issues des grands champs de l’anthropologie sociale et culturelle, le cours instruit alors les étudiants aux rudiments d’une méthodologie aussi utile que réutilisable.

 

Nous reviendrons sur un ensemble de questions cruciales et déterminantes pour la vie humaine. Par exemple : celles de parenté, d’économie, de politique, de religion, mais aussi, et ce de manière peut-être un peu plus contemporaine, de technologies, d’art et de science. Nous nous interrogerons alors sur le rôle joué par chacun de ces pans dans le développement de communautés transnationales et dans la vie d’individus de plus en plus connectés et, paradoxalement, souvent de plus en plus isolés.

 

Enfin, le cours donnera aux étudiants un aperçu des possibilités du métier d’anthropologue aujourd’hui.

 

MÉTHODES PÉDAGOGIQUES

 

Ce cours propose de sensibiliser les étudiants à l’étude des sociétés et des cultures humaines. Il comporte des exposés magistraux et des périodes de questions. Dans la mesure du possible (étant donné la taille importante du groupe) et toujours en fonction de l’intérêt manifesté par les étudiants, une place sera accordée aux échanges et aux discussions.

 

C’est pourquoi les étudiantes et les étudiants doivent absolument lire attentivement les extraits indiqués ci-dessous, et qui renvoient principalement au manuel de référence que nous utiliserons durant toute la session. Un manuel est disponible à la réserve de la bibliothèque Morisset. Ces lectures sont obligatoires et constituent un élément essentiel de la réussite de ce cours. Il est donc important de les effectuer au fur et à mesure - puisque leur mobilisation durant le cours sera déterminante pour une bonne compréhension de la matière à couvrir.

 

De plus, notez que certaines lectures optionnelles et autres références documentaires et cinématographiques  (toutes rassemblées sous la catégorie lignes de fuite) sont indiquées pour chaque séance et que leur « activation » sert évidemment à enrichir (sur des modes un peu moins académiques) le fonctionnement du cours.

 

Enfin, il n’est peut-être pas vain de rappeler que la présence en classe de tous les étudiants reste obligatoire et nécessaire au succès de ce cours.

Anthropologie pour le 21e siècle