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Dans l’ourlet de ce texte et des images qui le froncent, je souhaite m’arrêter un instant à l’usure du monde.
Usure des vivants, d’abord. Du vivant. Usure de celles et ceux qui, hier encore, peuplaient notre monde et dont on soustrait aujourd’hui, par frottements violents et répétés, l’existence même à la surface meurtrie de notre globe. Planétaire comme oculaire. Une usure des vivants qui se double ici, de façon étrangement concomitante et f(r)ictionnelle, d’une autre usure, qui serait celle de nos imaginaires. Assaillis, dans des proportions historiques auxquelles nos psychés connectées sont encore trop mal habituées. Brûlés, aux rétroéclairages numériques et fléchissants, sous les coups de boutoir d’expositions compulsives à ces images technoélectriques désormais produites dans des proportions astronomiques. Images qui impriment désormais nos rétines augmentées, hantent un éphémère infini et alimentent des milliards de « vues ». À la suite de Gregory Bateson (1980 [1972]) et de cette écologie de l’esprit qu’il tâcha sa vie durant de concevoir, je me demande quels rapports esprits et imaginations, communications et idéations, sciences sociales et images filmées entretiennent à l’heure actuelle.
David Jaclin. (2024). Iridescences. De quelques résistances à l’usure du monde. Dans Namian, D. et Perreault, I. (dir.), Fragments d’images : les approches visuelles en recherche. Entre histoire(s), arts et sociétés, Presses universitaires d’Ottawa, collection 21e- Société, histoire et cultures.
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